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vendredi 20 novembre 2020

Paul Moal - Coquillages, (poissons) et crustacés...

Voici une sélection de quelques œuvres de Paul Moal en vente à la galerie : ces pastels et peintures abordent tous la même thématique alors... partons à la pêche !

Homard bleu, huile et collage sur toile, H. 41 cm ; L. 33 cm

Crevettes II, pastel sur papier, H. 23,5 ; L. 15,5 cm (encadré H. 40 cm ; L. 31 cm)
Araignées, pastel sur papier, H. 31 cm ; L. 24 cm (encadré H. 47,5 cm ; L. 39 cm)

Langoustines IV, pastel sur papier, H. 23,5 ; L. 15,5 cm (encadré H. 40 cm ; L. 31 cm)

Carrelets, pastel sur papier, H. 31 cm ; L. 24 cm (encadré H. 49 cm ; L. 40 cm)

Trois coquilles St Jacques, huile sur toile, H. 27 cm ; L. 35 cm

Vous souhaitez acheter ? Trois solutions :

- le retrait à la galerie sur rendez-vous (sans contact physique direct)

- l'expédition sécurisée en Colissimo

- la livraison sur Quimper et périphérie

Contact et renseignements :
  06 61 79 40 69 - galerie@theallet.fr

vendredi 10 avril 2020

Paul Moal

Paul Moal fait partie des artistes de la galerie. Aux toutes dernières nouvelles, son confinement se déroule bien. Manifestement, il met à profit ce temps particulier pour créer, coller, voire moderniser des travaux anciens dont il n'était pas totalement satisfait.
Ce sera l'occasion de retrouver son travail dès la réouverture de la galerie !

En attendant, je publie ici le texte que j'ai rédigé l'an passé pour l'exposition de Paul Moal à la salle des fêtes de Douarnenez.

à gauche, plat diam. 35.5 cm, FAB Quimper, éd. limitée à 100, numéro 46 - à droite, assiette diam. 24 cm, Atelier du Steïr, pièce unique de la main de l'artiste, 1997.
Toutes les photographies illustrant cette publication montrent des œuvres disponibles à la vente à la galerie... aussi... n'hésitez pas à vous renseigner !


"Cette exposition est un retour aux sources pour ce natif de Douarnenez !


Tout jeune, Paul Moal s’imprègne de la vie portuaire qu’il découvre : la mer, la pêche, les marins, vont devenir, tout naturellement, les éléments forts de son imaginaire.

Marin regardant le débarquement du poisson, huile sur toile, H. 46 cm ; 38 cm
Observateur, il évolue entre les embarquements pour la pêche, le débarquement du poisson, côtoie la vie rude des marins, se familiarise avec l’entretien des bateaux ou la vie des femmes au marché. Paul est issu de ce monde, il est petit-fils de pêcheur.
D’ailleurs, et de manière très empirique, Paul Moal s’est tourné, dès l’adolescence, vers la peinture à l’huile.  Est-ce en lien avec une certaine fascination pour les artistes dont il côtoie le travail sur les ports de Douarnenez, d’Audierne ou dans la campagne environnante ?
Langoustines, pastel sur carton, H. 23 cm ; L. 15 cm
Les raisons qui vont pousser un artiste à l’expression graphique sont mystérieuses et multiples : au moins peut-on dire de Paul Moal qu’il a grandi avec cette envie !
Huile et pastel deviennent rapidement ses médiums de choix, les compagnons de sa jeunesse. Mais faute de soutiens familiaux appropriés, Paul ne peut se permettre le risque de s’engager dans la voie, très incertaine, des Beaux-Arts… il faut dans un premier temps assurer le quotidien ! Las, l’artiste se tourne vers des études scientifiques et techniques qui le mèneront au professorat.
La pêche à pied, pastel sur carton, H. 32 cm  L. 24 cm
Alors, durant ses moments libres, Paul Moal reprend les pastels et les pinceaux.
Il a cette honnêteté d’évoquer les influences sensibles dans son parcours pictural. D’abord Rembrandt et Chardin occupent l’imaginaire de ses plus jeunes années… et l’artiste confie que sa première toile vendue avait des accents bien flamands. On note, depuis cette époque, la grande évolution de son travail, la recherche de la matière épaisse et riche, la simplification des formes, le flirt avec une relative abstraction ces dernières années.

Un homard sur fond de tôle, huile et collage sur kraft, H. 43 cm ; L. 31 cm.
Mais la rencontre déterminante est certainement celle de Jean Le Merdy et de sa méthode de travail. Paul Moal s’est inscrit aux cours du soir de l’Ecole des beaux-arts de Quimper dans les années 1980 et, mieux, il est parvenu à obtenir de sa hiérarchie de ne pas travailler les lundis afin de suivre la dernière année d’enseignement du maître. Jean Le Merdy apporte deux notions fondamentales à Paul Moal : l’artiste doit devenir acteur et assumer son choix en déterminant un angle de vision à la restitution de la scène qu’il représente et, d’autre part, qu’importe le sujet tant est, avant tout, intéressant le traitement que l’artiste en fait.


Les thématiques abordées par Paul Moal s’articulent très majoritairement autour du monde maritime et, plus précisément, autour du travail. L’humain est rarement absent de son œuvre et la gestuelle en occupe une part importante. Cette sensibilité à une humanité maritime englobe aussi le monde de la « royale », les matelots aux pompons rouges et aux vareuses si graphiques, mais aussi les navires pavoisés.
Parasols et planche à voile, huile et collage sur toile, H. 41 cm ; L. 33 cm

Ce monde du travail maritime fait écho à son histoire personnelle, à sa fréquentation des ports et des bateaux. Maintes fois vus au travail, Paul recherche avec obstination la justesse de la ligne graphique d’une attitude des pêcheurs, transcrite à travers le pastel ou l’huile.
Pour autant, le travail de Paul Moal ne cherche ni à avoir une vocation ethnographique, ni à pasticher une époque révolue : il est le fruit d’un observateur attentif et empathique."

Contact, renseignements :
  06 61 79 40 69 - galerie@theallet.fr

vendredi 20 décembre 2019

Miscellanées de Noël... ou... des idées de cadeaux !

Faute de temps disponible, le blog n'a pas été alimenté comme je l'avais prévu... A quelques jours de Noël, voici un mélange choisi de différentes œuvres, anciennes ou contemporaines, en vente à la galerie. 
De potentiels cadeaux à divers budgets...
 
N'hésitez pas à me contacter pour toute information complémentaire !

Olivier Lapicque - Torero - Composition de plombs étamés entre verre et plexiglass, certie d'étain - H. 37 cm ; L 38 cm - 1998

Une rare composition de plombs étamés d'Olivier Lapicque, arrivée hier à la galerie...
Emile Simon - Côte bretonne - Huile sur panneau - H. 32 cm ; L. 40 cm
En écho à l'actuelle exposition du Musée départemental breton, un huile d'Emile Simon...
Valérie Le Roux - Ensemble assiette-plateau et deux tasses à expresso - faïence
Pour un café gourmand en duo, un ensemble de Valérie Le Roux...

Vase Odetta - H. 13.5 cm ; diam. 15.5 cm - grès - manufacture HB, Quimper - années 20-30
Un joli vase en grès Odetta, typique des années 20-30...

Muriel Bernard - le fil silencieux - Huile sur papier marouflée - H. 60 cm ; L. 60 cm
Une huile douce et apaisante de Muriel Bernard...

Giovanni Leonardi - Centaure portant un sanglier - Terre chamottée - Manufacture HB ? - Années 20-30 - H. 33 cm ; L. 22 cm ; l. 9 cm

Une rare terre chamottée de Giovanni Leonardi, le plus italianisant des artistes venus travailler auprès des manufactures de céramique de Quimper...

Dominique Le Page - L'arbre sur le quai - Gravure - H. 22 cm ; L. 18 cm
Une fine gravure de Dominique Le Page aux accents japonisants...

Ensemble de faïences de Quimper - XXe siècle
Une statuette en faïence de Quimper, pour le charme populaire et pour se rappeler que Noël est une fête religieuse...

Patrice Cudennec - Pêcheur au petit port - Huile sur toile - H. 38 cm ; L. 46 cm
Une huile sur toile de Patrice Cudennec, pour s'immerger dans la douceur de l'univers breton de l'artiste...

Hervé Quéré - Berniques
Une bernique d'Hervé Quéré, pour garder auprès de soi un petit morceau de roche bretonne...

Mathurin Méheut - Anciennes pêcheries moyen-âgeuses de la baie de Cancale - Menu pour les restaurants Prunier - années 30
Une sympathique couverture de menu, par le grand Mathurin Méheut...

Paul Moal - Marin portant un poisson - Terre chamottée émaillée - H. 23.5 cm ; L. 12 cm ; l. 8.5 cm - Pièce unique
Un beau marin aux angles vifs, pièce unique de Paul Moal...

Gérard Le Guern - Grand large - sérigraphie éd. à 100 exemplaires - H. 28.5 cm ; L. 27 cm
Un grand bol d'air du large, avec une sérigraphie en édition limitée de Gérard Le Guern...

René Quéré - Pors Peron - acrylique sur carton épais - H. 20.5 cm ; L. 20 cm - encadrement en caisson sous verre musée
Un voyage infini sur la côte du Cap Sizun, avec René Quéré...

Contact, renseignements :
 02 98 90 18 22 - 06 61 79 40 69 - galerie@theallet.fr

mardi 23 juillet 2019

Quelques oeuvres de Paul Moal

Alors que l'exposition rétrospective de Paul Moal se tient à Douarnenez jusqu'au 10 août prochain, voici une petite sélection de quelques œuvres de l'artiste, actuellement en vente à la galerie.

Paul Moal - Peintures de carène - Huile et collages d'affiches sur kraft - (dimensions avec encadrement) H. 69.5 cm ; L. 42.5 cm.
Paul Moal - Casier rond et fanions sur fond bleu - Huile sur toile - H. 27 cm ; L. 22 cm
Paul Moal - Balises jaune et rouge - Huile sur toile - H. 16 cm ; L. 22 cm
Paul Moal - Deux marins de la navale à l'abri de bus - Huile et collages d'affiches sur kraft - (dimensions avec encadrement) H. 69.5 cm ; L. 42.5 cm.
Œuvre vendue
Paul Moal - Marin démêlant un filet - Terre chamottée émaillée, pièce unique - H. 22.5 cm
Paul Moal - Marins remontant le filet - Huile sur toile - H. 41 cm ; L. 33 cm
Paul Moal - Le crabe vert - Huile et collages sur toile - H. 14 cm ; L. 18 cm

Paul Moal - Balises jaune, verte et rouge - Huile sur toile - H. 16 cm ; L. 22 cm
Œuvre vendue
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vendredi 14 juin 2019

Paul Moal - exposition à Douarnenez

Jusqu'au 10 août prochain, la ville de Douarnenez (ville d'où l'artiste est natif) offre à Paul Moal une grande exposition rétrospective.


Cette exposition se tient dans le beau cadre de la Salle des fêtes (située à l'étage des halles). Huiles, pastels, céramiques... les diverses techniques employées par l'artiste sont présentées ici.


Et, si jamais, d'aventure, vous souhaitez vous offrir une œuvre de Paul Moal... n'hésitez pas à passer par la galerie à Quimper ! ;-)

En écho, cette petite vidéo, qui date d'il y a quelques années...



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mardi 2 janvier 2018

Belle année !

Avec la complicité de Paul Moal, 
je vous souhaite une belle année 2018 !


Contact et renseignements :
 02 98 90 18 22 - 06 61 79 40 69 - galerie@theallet.fr

vendredi 21 avril 2017

Armor, Argoat / La Bretagne au travail

 
Le Musée de la Faïence de Quimper a choisi cette année pour thématique d'exposition temporaire le travail en Bretagne, sous le prisme de la céramique quimpéroise et de ses artistes. Le catalogue lié à cette exposition est désormais en vente à la galerie.
 

Particulièrement riche, cette thématique permet d'envisager tant les XIXe et XXe siècles que notre XXIe siècle !

En effet, si les amateurs et les curieux retrouverons ici les grands noms du Quimper ancien (Méheut, Bachelet, Bouchard, Sévellec, Creston, Robin...), c'est aussi l'occasion d'ouvrir le propos à des artistes contemporains... qui pour certains sont des familiers de la galerie (Patrice Cudennec, Olivier Lapicque, Paul Moal, René Quéré...).

Le catalogue est organisé de manière thématique, par métiers, en commençant par les activités liées au domaine maritime, pour se clore par les métiers de la Bretagne intérieure, l'argoat. La plupart des métiers traditionnels sont ainsi évoqués, avec une certaine rigueur quasi-ethnographique ou sous l'angle d'une plus libre interprétation, suivant le choix des artistes.

Particulièrement riche en illustrations et en textes, le catalogue se clôt sur des biographies des divers artistes évoqués.

Armor, Argoat / La Bretagne au travail
sld Bernard Jules Verlingue
textes d'Ingrid Pouder, Jacques Blanken, Antoine Maigné, Philippe Théallet, Bernard Verlingue
113 pages, plus de 300 illustrations
  29,7 x 21 cm - broché
prix de vente : 25 euros
expéditions possibles - contacter la galerie

samedi 11 mars 2017

Disparition de Bel Delecourt

Dans sa 102e année, Bel Delecourt vient de nous quitter. Figure de la céramique quimpéroise, elle arpentait, infatigable, les rues de la ville et passait souvent à la galerie. Ces dernières années elle s'était expatriée à Rennes.
Il y a quelques années, j'avais rédigé un texte sur elle, à l'intention d'une publication dans le journal du Quimper Club International... le voici, en forme d'hommage.


"Cet après-midi, j’ai rendez-vous dans une élégante maison quimpéroise. Passée la grille du portillon, quelques opus incertum, je sonne. Je connais cette dame qui vient m’ouvrir. Voilà déjà plus de quinze années que j’ai l’occasion de la côtoyer. Pour l’état civil, il s’agit d’Isabelle Delecourt. Son prénom cependant est désormais passé à la postérité sous le joli pseudonyme de Bel.
En ce samedi après-midi hivernal, nous nous asseyons dans le salon qui jouxte l’entrée. C’est avec plaisir que je me penche sur la carrière d’une artiste qui vient de fêter ses 93 ans. En annonçant l’âge de Madame Delecourt, nulle volonté d’être discourtois. Bel Delecourt ne fait pas mystère de son âge et sait garder le charme particulier qui émane aussi de son univers.
Alors même que le Musée départemental breton de Quimper consacre une exposition aux époux Taburet, qui étaient ses voisins d’atelier à la manufacture HB, cette rencontre est l’occasion d’un retour et de quelques éclaircissements sur sa carrière.

Bel Delecourt, lors d'une rencontre organisée à la galerie (ici avec Paul Moal, Marjatta et Jean-Claude Taburet, Patrice Cudennec)

Bel Delecourt n’est pas la première artiste de la famille. Son grand-père paternel, Eugène Lamasse, était directeur artistique de la faïencerie Keller et Guérin à Lunéville. Peu de traces subsistent des créations de cet homme décédé prématurément mais un réel talent d’artiste très naturaliste est évident. Sens de l’ornementation, de la composition et précision botanique des décors floraux, les dessins et céramiques d’Eugène Lamasse laissent entrevoir un talent certain.
De son enfance à Nancy, Bel Delecourt garde de belles images. Son père, officier, amenait ses enfants dans de grandes promenades en forêt. Il faisait écouter la beauté du chant des oiseaux à ses enfants et disait à la petite Isabelle que ces chants étaient pour elle. A la question « Mais quand je ne les entends pas, pour qui chantent les oiseaux ? », son père répondait « Pour le bon Dieu ! ». Cette foi profonde, Bel Delecourt la gardera toute sa vie.
Ce père admiré refuse toutefois à la jeune fille de choisir la carrière de la danse. Elle se voyait ballerine, elle fera des études d’ingénieur commercial à Lille, suivant ainsi un cursus rare pour les jeunes femmes de l’époque.
Ce diplôme, obtenu avec beaucoup de travail, ne sera d’aucune utilité pour sa carrière !
Son premier emploi sera celui de mère, à la suite d’un mariage à l’issue de ses études. Premières joies de la maternité que Bel Delecourt ne cessera de célébrer par la suite, « le plus beau métier du monde que celui de mère » dit-elle.
Jeune femme en terre chamottée émaillée, vendue à la galerie il y a quelques années
De ces années d’avant-guerre, l'artiste se souvient d'un court voyage chez ses parents. Son père a été alors muté à Quimper. C’est la découverte de la Bretagne. « Splendide ! », voilà son opinion sur cette province. Les paysages sauvages, l’âpreté d’un village côtier balayé par les vents comme Le Guilvinec, la puissance de la houle… la première impression est excellente. A Quimper, elle visite avec son mari la faïencerie HB. Mais l’ambiance de l’époque n’est guère à l’émerveillement et à l’insouciance. Déjà des bruits de bottes commencent à se faire entendre.
Dès la déclaration de guerre, Isabelle Delecourt suit ce mouvement de peur que l’on a appelé en France du nom d’exode. La fuite devant l’envahisseur allemand qui ne tardera pas à surgir l’amène, logiquement, à partir se réfugier avec son fils, chez ses parents, à Quimper.
L’Occupation, elle la vivra partiellement dans cette ville où vient la rejoindre son mari de retour de guerre. Son deuxième enfant naît ici ; son troisième voit le jour alors qu’elle a suivi son époux en affectation dans l’Allier. Des soucis conjugaux amènent par la suite Isabelle Delecourt à rejoindre Quimper, ville qu’elle ne quittera plus désormais.
Employée à la Préfecture durant la guerre, elle garde peu de souvenirs marquants de cette époque troublée. A son arrivée à Quimper, Bel Delecourt partageait son domicile avec ses parents. La maison était alors située sur les quais de l’Odet, à l’emplacement de l’actuel Conseil général du Finistère.
Ce n’est qu’après la Libération que sa carrière se précise.
Un korrigan au chat, passé à la galerie il y a deux ans
Son père, Paul Lamasse, décide de s’inscrire aux cours du soir de la toute jeune Ecole des beaux-arts de la ville. Bien vite il y entraîne sa fille.
C’est une révélation pour la jeune femme. L’un de ses professeurs, Jos Kervella, remarque particulièrement ses dons. Autre mentor dont elle fait vite la connaissance, Augustin Tuset. Le docteur Tuset, médecin directeur des services de santé du département, est aussi un artiste et l’un des éléments importants de l’intelligentsia locale. C’est Augustin Tuset qui incite Isabelle Delecourt à entamer une carrière dans la céramique, à la manufacture Henriot. La jeune femme restera peu de temps dans cette faïencerie. Pour des raisons personnelles, c’est dans la manufacture concurrente, HB, qu’elle fera carrière.
Ses premières œuvres en céramique sont réalisées alors qu’elle est encore élève de l’Ecole des beaux-arts. Les conseils avisés du docteur Tuset l’amènent à laisser très vite s’épanouir son style autour des quelques thématiques qui seront sa signature : la femme et l’univers de l’enfance.
C’est alors qu’Isabelle Delecourt devient Bel Delecourt. A ce changement de nom, deux raisons. D’une part, elle cherchait à raccourcir un nom décidément trop long, d’autre part elle voulait également « asexuer » son prénom. A une époque où, dans une petite ville de province, le travail artistique d’une femme était, au plus, jugé récréatif ou intéressant, le prénom de Bel pouvait laisser planer un doute sur le sexe du créateur et ainsi donner une crédibilité à l’œuvre !
En exposition au Musée départemental breton en 2011-2012
Et pourtant, il faut l’avouer, l’univers de Bel Delecourt est éminemment féminin. « Vous ne trouverez pas beaucoup de bonshommes chez moi ! » me dit-elle avec humour.
Ses thématiques s’organisent de manière très cohérente. La femme, c’est la ballerine pleine de grâce qu’Isabelle Delecourt voulait être. Les enfants, ce sont les siens, observés dans leurs moindres attitudes. Les femmes et les enfants, ce sont aussi des Vierges à l’Enfant, des madones par lesquelles l’artiste laisse libre cour à l’expression de sa foi.
Dès lors Bel Delecourt déclinera ces thèmes sur différents supports durant plus de 60 ans !
La manufacture HB a profité de ses services pour lui faire créer quelques céramiques qui ont été éditées. On peut penser à des groupes de danseurs bretons ou des groupes de jeunes enfants. Une belle Vierge à l’enfant voit aussi le jour. Mais la majeure partie du travail de l’artiste à la manufacture, ce sont des pièces uniques. Céramiques en ronde-bosse ou décorations en aplat aux émaux, de nombreuses œuvres sont exposées et vendues à Quimper ou Paris.
Dans les années 1970, c’est vers l’abstraction que Bel Delecourt penche. Très sensible aux effets de fusion, elle réalise ainsi bon nombre de céramiques au décor chatoyant et abstrait. Cependant, soucieuse de s’occuper pleinement de ses parents devenus très âgés, elle interrompt brutalement sa création dans le domaine de la céramique en 1976.
Si le nom de Bel Delecourt est indubitablement associé à la faïence de Quimper, nous ne devons pas oublier que l’artiste a également su appliquer son univers à d’autres supports.

En parallèle à son activité chez HB, grâce aussi à la liberté consentie par la manufacture aux artistes, Bel Delecourt a créé des décors peints sur porcelaine. Cherchant un matériau plus fin et plus précieux que la faïence pour des motifs extrêmement soignés, elle commandait ses porcelaines à Limoges, les faisait peindre par une employée dans un atelier qu’elle avait créé rue de Brest à Quimper, puis les commercialisait elle-même. Des services de table autour des thèmes des ondines ou des bateaux par exemple ont ainsi été créés. Fréquemment, sans doute pour accentuer la préciosité de ces céramiques, des rehauts d’or ornaient les pièces. Après quelques années, la demande n’étant pas assez soutenue, Bel Delecourt ferma son atelier de la rue de Brest pour donner ses dessins à reproduire à Paris dans les ateliers Jamault et Vignault.
 
Lors du vernissage de l'exposition au Musée breton - cliché "Le Télégramme"
Bel Delecourt est également l’auteur de décors de grandes dimensions. En 1952, elle signe un ensemble décoratif pour la « Maison Monseigneur Duparc » à Quimper. Cette batisse abrite un patronage pour les jeunes filles et Bel Delecourt y signe un décor que la presse de l’époque évoque en ces termes :  On a admiré comme il convenait ce « Chemin du Paradis » qui se pare, tout au long des escaliers, de poissons d’abord, puis d’oiseaux fastueux, enfin d’angelots rieurs – mer, terre, ciel – le tout enrichi de motifs complémentaires de la même veine. Et que dire de la salle commune dont les murs évoquent avec beaucoup de charme et d’humour la jeune fille de 1900 ? Toutes ces fresques éclatent de vie, de spontanéité et de jeunesse et on ne pouvait rêver décor mieux adapté à la Maison Mgr Duparc. Cet ensemble décoratif a été conçu avec à peine quelques dessins préparatoires, directement créé sur place par l’artiste, à même les murs. Il s’agit là d’un acte purement désintéressé. Bel Delecourt n’a jamais demandé ou reçu de rétribution pour ce travail. Aujourd’hui malheureusement, ces décors ne sont plus en place.
Un panneau constitué de panneaux de céramique est encore visible dans ce qui fut la Clinique Saint-Louis de Brest, il représente le roi Saint-Louis rendant la justice, mais qu’est devenu le grand décor peint à même le mur pour l’Hôpital des Broussailles à Cannes ?

Toujours en parallèle à ses créations de faïences, Bel Delecourt a également exposé des panneaux de peinture sur soie. Malheureusement, les couleurs de ceux que nous avons pu retrouver sont considérablement fanées.

Enfin, Bel Delecourt, infatigable, est encore aujourd’hui l’auteur d’aquarelles, technique à laquelle elle associe volontiers le collage.

Plus de cinquante années d’activités artistiques variées donc, mais toujours avec ce souhait profond de mettre en lumière un univers profondément féminin, doux, paisible et gracieux. Voilà un résumé de l’activité de Bel Delecourt."